






« Sur cette prémisse improbable, commence un film ponctué de flashbacks qui ramènent le spectateur en trois époques antérieures. 1975, tout d’abord, avant que le punk ne soit connu au Japon, avant même les Sex Pistols, le groupe Gekirin se bat pour enregistrer un album qui ne se vendra jamais. Sa chanson fétiche, Fish Story, est l’apothéose du commercialement non viable, avec ses paroles absconses et son rythme effréné. En 1982 et en 1999, le film suit des personnages ordinaires, qui vivent des anecdotes sans lien apparent avec la fin du monde toute proche. Le réalisateur en profite pour dresser un portrait à travers deux générations d’une jeunesse japonaise qui peine à se rebeller, et à s’écarter des canons d’une société trop conformiste.
Au cours du film, l’absence de lien entre les histoires se fait telle qu’elle en devient frustrante. C’est alors que le dénouement vient lier de la manière la plus improbable ces différentes histoires, et donne tout son sens au film. En effet, Fish Story est bel est bien une histoire à dormir debout (en anglais… fish story).
Fish Story est un brillant exemple de ce que le cinéma japonais fait de mieux : un conte surréaliste aux accents de fresque sociale. Loin d’un point de vue étriqué, limité à l’histoire principale et à ses protagonistes, la caméra se promène et révèle les nombreuses facettes de la société japonaise, comme le faisait Takeshi Kitano dans L’été de Kikujiro, ou Hana-Bi, par exemple. Tous ces éléments font de Fish Story une perle du cinéma japonais, à ne manquer sous aucun prétexte. D’ailleurs, le film a gagné au NIFFF le Narcisse du meilleur film, récompense très méritée.
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