






« La mise en scène, presque documentaire par moments, d’un procès confrontant d’un côté des membres de la société civile malienne et, de l’autre, des représentants de la BMI et du FMI. Le cadre, lui, est l’humble cour d’une maison au Mali, dans laquelle on retrouve ce tribunal se jouant au milieu des activités quotidiennes et ordinaires des habitants.
Abderrahmane Sissako – un habitué de Cannes – réussit ici la réalisation d’un film engagé sans les récurrentes lourdeurs souvent présentes dans ce registre. Le message ne prend pas des allures rabâchées et ne se tient pas, de manière hégémonique, à la tête du film en laissant au travail cinématographique les seconds rôles. En outre, est laissé la place à un peu d’ironie et d’humour qui allège le tout. On peut de surcroît souligner la maîtrise de la mise en scène qui fait s’entrecroiser plaidoiries avec des bouts d’histoires d’autochtones qui, comme des satellites, circulent autour du procès, tout en tant directement en jeu dans les problématique soulevées. »