






« Écrire un film sur rien, ou presque rien, peut avoir des intérêts au niveau esthétique. C’est le cas ici, Bal se présentant comme une succession de plans fixes photographiques équilibrés, originaux, colorés, pris dans une nature en fleurs, humide et intacte. Le réalisateur turc Semih Kaplanoglu réussit, grâce à des cadrages harmonieux et à l’utilisation de la profondeur de champ, à intégrer complètement ses deux personnages – le jeune Yusuf et son père – dans ce paradis préservé. Il parvient aussi à diriger sans maladresses Bora Altas, un acteur de sept ans, et même quelques animaux, révélant un contrôle total sur la mise en scène autant que sur la plastique de l’image.
Cependant, le gamin ne parle presque jamais, tout comme son père, et la vie traditionnelle dans la forêt est naturellement répétitive. Aucune intrigue ne vient remuer les rituels vides de ce quotidien. Il arrive bien une mésaventure au père, qui ne revient jamais d’un voyage en forêt, mais cela ne fait que contribuer à alléger encore un peu le film. Ce récit quasi dénué de contenu termine une trilogie réalisée par Kaplanoglu sur la vie de Yusuf, en remontant, film après film, de l’âge adulte à l’enfance, comme un dans un grand flash-back. Il s’agit, pour le réalisateur, de découvrir les sources de l’âme humaine. Malheureusement, le gamin qu’on suit dans Bal est trop peu expressif pour laisser une chance au spectateur de le rejoindre vraiment.
Bal est en lice dans la section internationale du 60e Festival du film de Berlin. Voyez notre page spéciale Berlinale.