






« Voilà un film qui risque bien d'en surprendre plus d'un. Que fait-il à Cannes? Qu'est-ce qu'un film de vampire, qui balance entre l'horreur, le mélodrame et le rire, fait-il dans un tel Festival où il se retrouve à cotoyer l'auteurisme comme le glamour ? On s'attendrait plutôt à le voir au programme d'un Festival de films fantastiques. Curieux. Mais en disant cela, on oublie trop vite que le Festival de Cannes change, se transforme, s'adapte à son époque et, par dessus tout, aime prendre certains risques, aime se faire bousculer. Preuve en est la sélection de cette année qui ne ressemble à aucune autre. Et puis, pour ce long-métrage coréen, il y a tout de même aux commandes Park Chan-Wook, cinéaste qui a révélé ces dernières années la créativité du cinéma coréen avec des films comme Old Boy ou Lady Vengeance ou encore Je suis un cyborg. Alors, qu'en est-il de ce Bak-Jwi ?
Le genre, déjà, est revisité de façon tout à fait originale: comme c'est un curé qui se devient, par accident, vampire du jour au lendemain, se pose alors des dilemmes éthiques (ne pas tuer, ne pas succomber à la chair) qu'il va devoir résoudre. L'atmosphère, ensuite, est réaliste. Le vampire n'a rien d'un méchant, il semble plutôt être victime de ce qui lui arrive et l'atmosphère est rarement romantisée. Le tout est ensuite enveloppé dans beaucoup d'humour avec des pointes d'horreur et d'érotisme par endroits. Sans oublier non plus la place laissée au mélodrame.
Le film, en fin de compte, est joyeusement renversant, mais malheureusement très inégal. S'il est plutôt réjouissant de passer de cantates de Bach à des chansons traditionnelles coréennes, les transitions qui amènent le film dans le grotesque et l'humour ne sont vraiment pas toujours à la hauteur. Tantôt vif, réussi et intelligent, tantôt facile, stupide, grand guignol. Et c'est bien dommage. »