






« Première véritable comédie hollywoodienne présente sur les écrans romands, Bad Teacher ouvre la marche d'une succession de blockbusters qui sortiront successivement d'ici la rentrée de septembre. Et qui dit comédie hollywoodienne, dit packaging habituel : acteurs en vogue, humour plus ou moins subtil, triangle amoureux, situations coquasses se succédant... Sur le papier, le film a tout du bon divertissement ménageant nos neurones comme le veut la tradition.
L'histoire présente une enseignante peu conventionnelle (Cameron Diaz), se montrant entièrement désintéressée par son métier et focalisée sur son confort personnel. Cherchant toutes les occasions pour faillir à son rôle éducatif, elle laisse place à une multitude de situations cocasses, emmenées par des méthodes pédagogiques radicales. Ses motivations réelles demeurent superficielles, à savoir les hommes riches et entretenir son corps de bimbo.
Nous retrouvons donc les ingrédients habituels : une Cameron Diaz en femme fatale (Elizabeth Halsey), un Justin Timberlake en riche professeur (Scott Delacorte), figure du jeune premier, ainsi qu'un Jason Segel sensé représenter un homme plus terre-à-terre, réaliste et donc logiquement plus brillant avec les femmes. Si la trame de l'histoire n'est pas dénuée d'intérêt, les ingrédients sont mélangés à la va-vite et le film manque cruellement d'originalité et de subtilité : cela a tout d'un repas de fast-food, simpliste à l'extrême, vite consommé et vite oublié.
La faute sans doute aux scénaristes et réalisateur (Jake Kasdan présente ici son 2e long métrage), qui ont caricaturé les rôles à l'extrême. Les deux personnages les plus complexes sont féminins : Elizabeth Halsey (Cameron Diaz) et Amy Squirrel (Lucy Punch). Leurs rivalités, tant dans leur profession (luttant pour être la meilleure enseignante) que dans leur vie privée (le jeune et séduisant nouveau professeur), s'avèrent très justes et constituent un des intérêts principaux du film. Le talent des deux actrices n'y est pas étranger, Lucy Punch tenant brillamment tête à la célèbre blonde platine.
Néanmoins, un manque cruel de "vrais mecs" se fait ressentir pour tempérer leurs crépages de chignons : la plupart des hommes sont efféminés à l'extrême, caricature américaine à vomir des puceaux-mielleux-romantiques dont l'intérêt dans le film est encore à démontrer. Justin Timberlake tient ainsi un rôle à l'opposé de son image de sex-symbol, amusant mais san plus. Même le prof de sports Russell Gettis (Jason Segel), sensé équilibrer la balance, témoigne finalement d'une masculinité toute relative, à la fois blasé par sa vie et moyennement doué en séduction. Puisque Cameron Diaz a décidé de surjouer allègrement la plupart des scènes, difficile de se prendre au jeu d'un film creux, abusant d'une recette qui aurait pu s'avérer bien plus intéressante.
On vous aura prévenu, Bad Teacher vole donc très bas, mais reste divertissant pour une soirée sans trop réfléchir. Hollywood n'a pas son pareil pour dépenser 20 millions de dollars dans des productions aussi peu ambitieuses. Reste à voir si Bridesmaids et Horrible Bosses, ou dans un autre registre, Super 8, La Planète des Singes, Green Lantern ou Captain America relèveront le niveau de ce mois d'août. »