






« On va voir Baciami ancora comme on s’en va retrouver de vieux amis perdus de vue. Une fois notre curiosité rassasiée en ayant pu constater les métamorphoses physiques de chacun et de s’être enquis du parcours de vie de chacun, on se demande un peu ce qu’on fait là. La magie ne prend plus et l’on se lasse rapidement des histoires compliquées des uns comme des autres.
Carlo et Giulia ont divorcé, car ils ne parvenaient pas à rester fidèles, mais ils s’aiment encore. Marco et Veronica n’arrivent pas à avoir d’enfant. Fait qui n’arrange rien : ils ne font plus l’amour depuis des mois. Paolo, le torturé du groupe, diagnostiqué schizophrène, consent à prendre ses médicaments uniquement par période. Quand il néglige son traitement, il reste alité et ressasse des envies suicidaires. Quand il est enclin à le suivre, il vit une histoire d’amour avec Livia, l’ex-femme de son meilleur ami Adriano, lui-même fraîchement revenu de Colombie où il a été emprisonné deux ans pour trafic de cocaïne. Les geôles sud-américaines ayant certainement contribué à changer l’homme, ce dernier se décide enfin à rencontrer le fils qu’il a eu avec Livia, âgé aujourd’hui de dix ans. On suit aussi vaguement Alberto qui veut partir vivre au Brésil avant d’être symboliquement « mort » comme ses autres amis, repliés dans leur petit confort bourgeois.
Il faut aimer le genre mélodramatique et sirupeux pour regarder Baciami ancora avec bienveillance. Le cas contraire, il sera plus ardu de s’intéresser à ces destins nébuleux qui durant 2h20 tournent mollement autour de questions sur la paternité ou sur la dissolution du couple. Là où le premier volet de ce diptyque pouvait éventuellement charmer par l’exubérance « à l’italienne» de ses personnages, les interminables disputes et comportements immatures de ces quarantenaires frôlent ici le pathétique. Il reste à se demander quel peut être le réel intérêt de redonner vie sur grand écran à Carlo, Paolo, Adriano et leurs autres comparses. »