<Zurich Film Festival
Sorties et actualités Cinema sur cinema.ch Cinéma à Lausanne et Genève
Affiche Film Avatar

Avatar

Poster - Film Avatar
Sorti le 16 Décembre 2009 · Durée: 2h41 · Genre: Action, Fantastique
Réalisé par James Cameron
Avec Zoe Saldana, Sam Worthington, Michelle Rodriguez, Sigourney Weaver et Wes Studi.
« Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake... »

Ouh, les méchants humains!


Critique par Hugo Lippens – Cinema.ch

Est-il possible de critiquer Avatar sans parler 3D ? Ce serait séparer le corps de l’esprit ; impossible de ne pas réfléchir à propos des implications de la belle révolutionnaire tridimensionnelle sur l’intrigue des films, impensable de ne point discuter le renouveau de l’univers du cinéma, inimaginable de ne guère rebondir sur la métamorphose du dispositif lui-même.
Cependant, paresseux de nature, je laisse cela aux autres. Je ne doute pas qu’ils feront d’abondants commentaires sur la question et s’amuseront à lister les nombreuses occurrences métadiscursives traversant les 161 minutes du monstre de l’année.
Analysons donc l’histoire d’Avatar sans nous soucier de considérations trop techniques, parce qu’il faut se le dire : si la fascination pour l’esthétique technocratique vibre de tout son être à l’occasion de la sortie du film-phare, elle trouvera rapidement une nouvelle lubie à l’apparition d’une autre innovation. Ne restera alors qu’un squelette dont les paillettes de l’éphémère spectacle du progrès technologique ne nous feront plus oublier son manque de chair.

15 ans de préparation ont été nécessaires pour laisser mûrir le projet d’Avatar, paraît-il. Devant l’insertion parfaite des acteurs réels dans les images virtuelles d’une qualité étonnante, on devine que ce ne fut pas un travail de tout repos pour les infographistes. Mais cette longue décennie se ressent-elle aussi dans le scénario, dans l’originalité du montage ou de la mise en scène ? assurément non. Le film utilise des formules archétypales pour attiser l’émotion du spectateur. L’histoire d’amour, en guise d’exemple paradigmatique, ne désintègre pas vers le haut le baromètre de la subtilité. On peut la résumer comme suit ;

Phase 1 : rejet du mâle par la femelle
Phase 2 : la femelle devient le maître d’entraînement du mâle pour qu’il puisse devenir un vrai Omaticaya
Phase 3 : l’initiation au mode de vie des indigènes rapproche les deux spécimens de sexe opposé
Phase 4 : le baiser et la vie nébuleuse du couple
Phase 5 : nouveau rejet du mâle par la femelle à cause de complications
Dernière phase : (attention spoil) ils auront plein d’enfants.

Alors, quinze longues années pour mettre au point ce genre de récit, ça fait un peu beaucoup : le cerveau de Cameron n’a pas souvent du être en surcharge d’activité... Ne soyons toutefois pas ingrats, avouons qu’Avatar soulève plusieurs problématiques intéressantes, et – vive les films post-modernistes ! – ouvre  un méandre intertextuel vertigineux.
Par exemple, la colonie militaire sur la lune de Pandora construite afin de faciliter le déplacement de tout un peuple d’indigènes qui ont sous leurs pieds une matière brute lucrative, quitte à les exterminer s’ils ne coopèrent pas, symbolise un petit condensé de l’histoire américaine. On pense à la découverte du nouveau continent, au génocide des Indiens, à la guerre du Vietnam, en passant par celles du Golfe, aux tours du 11 septembre, et probablement  à d’autres choses encore. Les fantômes des traumatismes historiques des Etats-Unis hantent incessamment Avatar.

L’autre problématique intéressante est le rapport qu’entretiennent la technologie et la nature l’une avec l’autre. Au final, ce n’est pas sans raffinement que le film développe son aspect écologiste, puisque c’est sur un paradoxe qu’il commence. Pour explorer la nature de la lune Pandora, les hommes ont recours à une technologie ultra-avancée. Afin de pallier au fait que l’air est irrespirable, ils sont en effet obligés de se dédoubler en avatars reproduisant parfaitement les traits des individus de la peuplade indigène. Ceci grâce à un système de transvasement neuronal dans un corps vivant mais inerte : une sorte de métempsychose artificielle en somme.
Or, en possédant le corps d’un de ces avatars, ils peuvent découvrir sans masque la faune luxuriante de la lune. Ces scientifiques en herbe explorent par conséquent des territoires inconnus aussi nus que les conquistadors du 15ème, bien que cette remontée vers nos origines soit le résultat d’un surperfectionnement technologique, d’où l’agréable paradoxe sur lequel Avatar ne se garde pas d’insister. 
 
Précisons en passant que James Cameron assume la parenté entre son film et Princesse Mononoké de Miyazaki. On y retrouve en effet la crainte de la destruction de Mère Nature par la bêtise technologique. Les envahisseurs humains ne respectent pas la population des Omaticayas qui préservent un lien fort avec l’environnement naturel (fait biologiquement prouvé par la fameuse scientifique Sigourney Weaver alias Dr Gray Augustine). Au bout de leur chevelure, les habitants originels de Pandora possèdent en effet des filaments leur permettant de se « connecter » littéralement aux autres êtres vivants comme les arbres ou les animaux. Une jolie interprétation cinématographique d’un mysticisme pan-naturaliste.

L’idée de connexion renvoie d’ailleurs à la dernière grande thématique qu’aborde le film, celle du dédoublement de notre identité dans la virtualité pour nous faire vivre de nouvelles expériences. L’univers des MMORPG, Massively Multiplayers On line Role Playing Games, est clairement évoqué  (les fans du genre le reconnaîtront par exemple dans les différentes montures des personnages que ces derniers ne peuvent disposer qu’à partir d’un certain « niveau »). Le double du jeu vidéo s’incarne ici dans la fixité du cinéma qui essaie de le penser ou de simuler chez le spectateur des sensations similaires, sans toutefois vraiment y parvenir: l’envie de commander , le joystick en main, la monture mi-dragon mi-chauve-souris de Jack Sully nous titille au point qu’on en oublie l’écrasement contemplatif que les scènes spectaculaires devraient provoquer.

Pour conclure simplement, malgré ces réflexions sur la nature, la technologie, les doubles virtuels, l’Amérique, on doit s’accrocher au sensationnel des images pour ne pas s’énerver devant tant de schématismes narratifs. Avatar fait certes partie de ces films qui impressionnent. Mais au grand jamais il n'est à la hauteur de ses prétentions étalées dans les discours promotionnels, parce que s’il résonne de thèmes captivants, il les fait chanter lourdement (sans parler de la musique signée Horner, affreuse, qui atteint le paroxysme de l’horreur avec la chanson aberrante du générique de fin).

CineShop

DVD Shop Magasin Avatar

DVD Simple Avatar

Durée : 161 min
Age : 12
Prix :29.50.-  26.50.-
En Stock: Expedié aujourd'hui.
Plus de détails

DVD Shop Magasin Avatar

Blu-Ray Avatar

Durée : 161 min
Age : 12
Prix :34.90.-
En Commande: Expédié le 28 Avril
Plus de détails

12 Photos

« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »« Avatar (2009) »

Fans



Cette fiche/critique a été consultée 11542 fois