65th Cannes Film Festival
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Agora

Poster - Film Agora
Sorti le 27 Octobre 2010 · 2h06 · Aventure
Réalisé par Alejandro Amenábar et Chris Newberry
Avec Michael Lonsdale, Rachel Weisz, Richard Durden, George Harris et Sami Samir.
« À la fin du IVe siècle, Hypatie dirige l'école néoplatonicienne d'Alexandrie. Sa beauté et son athéisme philosophique excitent des passions vives et contrastées dans une cité troublée par les querelles de religions. Malgré le saccage de la bibliothèque et les progrès de l'intolérance chrétienne, Hypatie poursuit l'étude d'un grand problème astrologique: pourquoi l'orbite des planètes ne décrit-elle pas des cercles exacts autour du Soleil? »

Vous avez dit péplum philosophique?


Critique par Timothee Lechot – Cinema.ch

« Alejandro Amenábar réussit presque un miracle : concilier l’inconciliable. En l’occurrence, il entremêle efficacement le discours philosophique et le grand spectacle cinématographique. Présenté à l’édition 2009 du Festival de Cannes, Agora a été perçu comme un film surprenant qui venait de créer un genre nouveau, le "péplum philosophique". Certes, l’expression fait sourire. Mais elle est révélatrice de l’importance qu’on a accordée d’emblée à cette œuvre.

De quelle philosophie s’agit-il ? Si la véritable Hypatie est suspectée d’avoir conduit l’école néoplatonicienne d’Alexandrie, au début du Ve siècle, celle du film (Rachel Weisz) conduit une réflexion qui – les questions de cosmologie mises à part – s’intéresse surtout aux thématiques les plus contemporaines : la liberté d’expression, l’indépendance sociale et intellectuelle des femmes, la laïcité du gouvernement, les luttes entre des communautés religieuses au sein d’un même territoire, etc. À travers la penseuse – héroïne à l’américaine qui condense le bon, le vrai et le beau – le film se positionne contre le fanatisme religieux, contre la misogynie et pour la liberté de la science. Rien de bien original. Là où Amenábar réussit une prouesse, c’est dans le mariage de ces thèmes actuels avec la matière antique du péplum d’une part, et d’autre part avec des éléments visuels spectaculaires : la grande ville d’Alexandrie filmée en tous sens et les violents combats impliquant tous les habitants. En outre, les moindres mouvements de caméra, jeux de lumière et éléments du décor signifient ou annoncent quelque chose. Du gros plan au plan d’ensemble, les cadrages variés développent un rythme et une originalité adaptés aux ambitions commerciales et artistiques du long métrage.

Si le mélange de l’action brutale et de la contemplation philosophique est digeste et homogène, il n’évite pas de nuisibles raccourcis dans la peinture des personnages. Les changements radicaux d’ambiances sont si rapides que les habitants d’Alexandrie paraissent complètement instables, surexcités et versatiles, et franchement peu crédibles. On décide de tuer les chrétiens en dix secondes et quinze mots… On disserte sur les mouvements des astres dans la bibliothèque assiégée… »

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