






C'est l'histoire d'Armand (Denis Podalydès), pharmacien aux relents hamletiens, magicien raté, le cul entre deux chaises, empêtré passivement comme il l’est dans une boîte magique au milieu de plusieurs épées lui tranchant soi-disant le crâne, et tentant désespérément de trouver la manière la plus indolore de s'en extirper. Il aime sa femme (Isabelle Candelier), mais adore son amante (Valérie Lemercier), alors quand il apprend le décès de sa grand-mère, la-dite Berthe, c’en est trop : il éclate en sanglots.
Les frères Podalydès signent le scénario, jouent et Bruno dirige cette comédie à la saveur mélancolique abordant ce thème qu’est la mort d’un être proche dont on ignore finalement tout, ou presque. Gags légers, burlesque fin – penser à la figure du croque-mort/gourou/visionnaire présentant ses modèles hype de cercueils avec lunettes 3D nous fait immanquablement sourire – agrémentent cette histoire, servis par un Denis Podalydès et une Valérie Lemercier aux performances délicieusement vives et fraîches. Et pourtant…
Et pourtant, le rythme de cette comédie est tellement monolithique et prévisible que la mollesse prend malheureusement le pas sur toute la finesse et la cocasserie du scénario, des situations ou du jeu proposés. Rien ne s’emballe, or la situation d’Armand va en se complexifiant, et malgré une eulogie magnifiquement touchante dans son absurdité, on ne passe jamais la cinquième, bien que tout – situations alambiquées, personnages aux traits singuliers, gags fins – le permettrait. En osant des ruptures, Adieu Berthe aurait sans doute pu et dû être un chef d’œuvre de comicité absurde dont on se serait souvenu, il ne restera au final qu’une simple comédie légère abordant un lourd sujet.