






« C’est bien peu de choses, que le synopsis d’Abrir puertas y ventanas : trois jeunes Argentines tentent de retrouver un équilibre dans la grande maison laissée vide par la mort de leur grand-mère. C’est bien peu de choses, mais c’est assez : le public découvre l’intimité d’un microcosme féminin à un moment de crise. Du garage au grenier, il accompagne les trois jeunes femmes dans un film sans intrigue: une errance à huis clos. Le ton du long métrage est lui-même oscillant : ni drame ni comédie, celui-ci touche pourtant et amuse parfois.
Il y a quelque chose de détaché mais d’agréable dans ces films minimaux qui ne s’efforcent jamais de captiver le spectateur. Abrir puertas y ventanas se regarde moins sur l’écran du cinéma qu’au fond de nous-mêmes, dans le reflet laissé par ses images et ses paroles. Le spectateur pénètre les pièces de la maison sans s’oublier, sans s’identifier à l’une ou à l’autre des trois filles, même si Marina (María Canale) occupe les devants. La caméra, dont les cadrages et les rares mouvements ne sont attachés au regard d’aucune des sœurs en particulier, laisse la porte ouverte à un point de vue externe, à une présence supplémentaire, la nôtre.
Par ses images, par son rythme lent et par ses zones d’ombres, le premier long métrage de Milagros Mumenthaler – quoique d’inspiration biographique – établit intentionnellement une distance entre le public et les personnages. Cette distance, cette opacité, cette lenteur sont-elles trop appuyées ? Travaillant à la frontière du plaisir et de l’ennui, la réalisatrice suisse d’origine argentine réalise une œuvre nue, minime et modeste… ma foi, au sens positif de ces termes.
Voyez notre interview de la réalisatrice Milagros Mumenthaler, réalisée le 17 octobre 2011. »