






« Voici la définition burlesque que le réalisateur norvégien Hans Petter Moland donne de son film : « A somewhat Gentle Man is a film about our painful shortcomings, a tribute to less than perfect sex, and a worldwide campaign against the people of petty exactness that rule the world. » En vérité, ce long métrage traite surtout de la bonté et des difficultés qui accompagnent son expression en société.
S’il est vrai qu’on ne fait pas de l’art avec des bons sentiments, filmer un homme gentil – et le signaler dans le titre – tient presque de l’audace : le spectateur risque de s’endormir ou de se moquer. Mais le héros Ulrik a un passé de criminel qu’il ne pourra effacer qu’en commettant un nouveau crime et en confirmant ainsi son statut de meurtrier. Paradoxalement, s’il y a une conclusion à tirer de A somewhat gentle man, c’est que le mal ne se combat que par le mal. La bonté qui est dépeinte a son prix ; elle n’est ni niaise ni naïve. Le personnage, pourtant, a quelque chose d’un idiot (ce qu’accentue le jeu de Stellan Skarsgård), abruti sans doute par ses douze années de prison. Mais peut-être que l’idiotie est une condition nécessaire de la gentillesse…
De toute façon, la plupart des scènes tournent à la dérision ou à la caricature. La gentillesse elle-même prête à rire dans cette comédie. C’est moins comme récit à thèse que comme divertissement porteur d’émotion et de gaité que ce film demande à être regardé.
A somewhat gentle man est en lice dans la section internationale du 60e Festival du film de Berlin. Voyez notre page spéciale Berlinale. »