






« Enième adaptation du conte de Charles Dickens, "A Christmas Carol", ce dernier-né de Zemeckis (Qui veut la peau de Roger Rabbit, Retour vers le Futur, Forrest Gump, Le Pôle Express), réalisé sous le patronage de Disney, garde son histoire enchanteresse, un brin sombre, un brin heureuse. Un vrai conte de Noël qu'il est toujours bon de redécouvrir tant qu'on ne le prive pas de son cadre victorien avec ses petits commerçants, ses pickpockets, où règne froid, neige, brouillard, pauvreté et pavés usés des faubourgs de Londres. C'est chose faite ici et l'adaptation a en plus le mérite de rendre honneur au caractère très imagé du conte. L'animation peut ainsi, grâce à son infini potentiel, donner une parfaite liberté à l'imagination et au merveilleux. La technique novatrice ici utilisée ("performance capture") permet en outre d'ajouter un effet de réalité et de donner vie aux personnages puisque ces derniers sont réellement interprétés par des acteurs (notamment Jim Carrey et Gary Oldman). L'idée est en effet de les faire jouer avec des capteurs sur tout le corps, le tout sur fond vert et d'ajouter la 3D et l'environnement digital par la suite.
Inventivité technique qui n'assure malheureusement pas de facto la réussite artistique: la laideur est ici partout. Les personnages, malgré le détail de leurs expressions, gardent une allure de 3D mal foutue. Si le cadre lui est réel, bien que fantasmé, les personnages ont, eux, droit à un graphisme froid et laid tout droit sorti des premiers films d'animation ou d'un mauvais jeu vidéo. Une catastrophe. A ce manque de suggestion et de finesse, à ces malheureuses intuitions esthétiques, on est forcé de se rappeler avec nostalgie Wall-E qui parvenait, malgré une 3D pure, à véhiculer des émotions et à développer une véritable richesse créative. Comme quoi un tas de métal, mais servi par du génie, vaut parfois mieux qu'une belle histoire de Noël adaptée par des incapables autant dépourvus de goût que de subtilité.