






« Un jeune homme pratique son jogging quotidien dans une New York dépeuplée. Un feu rouge, il s'arrête, seul dans la mégapole, et se voit soudain dépassé par une joggeuse qui, elle, brave le code routier et ose traverser au rouge. Mais Adam (Joseph Gordon-Levitt, d’une grande sobriété et candidat au Golden Globe de meilleur acteur dans une comédie) ne bouge pas, il a toujours suivi les règles : il ne fume pas, ne boit pas, fait les choses comme il se doit et, surtout, attend le signal lumineux avant de traverser. Mais lorsqu’un brusque évènement débarque et le dépasse malgré lui, telle la joggeuse impertinente, il est bousculé dans ses habitudes d’homme plutôt introverti et se voit alors forcé de sortir de sa réserve. Car Adam apprend qu’il est atteint d'un cancer.
L’entièreté de ses rapports avec son entourage change alors petit à petit. De celle entretenue avec l’ami fanfaron et lourdaud (génial Seth Rogen) essayant d’extraire du cancer plusieurs stratégies pouvant donner lieu à d’innovantes et encore inexplorées techniques de drague – mention spéciale à l’approche dite directe, « That’s a cool song ! I have cancer. » que tente Adam, sans succès – à celle qu’il vit avec sa compagne, initialement et faussement idyllique, sans oublier celle qu’il subit, avec sa mère, depuis presque toujours. Toutes ces relations alambiquées, touchantes dans leur tragique et leur comique, vont être brouillées par cette annonce.
Car 50/50 (nominé dans la catégorie Meilleure Comédie des prochains Golden Globes) traite avant tout de ces rapports. Peut-on sans cesse se taire, derrière des expressions toutes faites et divers cadeaux – canins ou autres – et ne pas affronter la réalité ? Suffit-il de souhaiter « Bonne Chance » avant une chimio ? Pour traiter de tout cela, le réalisateur opte, un peu comme à la façon de la très belle série The Big C (avec Laura Linney dans le rôle titre), pour la tragicomédie, lui consentant ainsi une certaine marge dans la démystification de l’aspect tragique inhérent à la maladie en dévoilant, entre autres, des séances de chimiothérapie/marijuana à vocation « thérapeutique »… Ce choix de mélange des genres dégage pourtant une grande simplicité dans laquelle baignent tous les acteurs – à noter la belle harmonie entre Gordon-Levitt et Anna Kendrick – mais cette sobriété ambiante semble malheureusement se retourner contre le réalisateur en faisant défaut au long métrage, qui manque, par endroits, de tranchant, d’identité. Fifty/Fifty, donc ? Ce serait sans doute trop sévère. »